Les Flobarts

 

 

Étymologie :

Le mot flobart ( ou flobard ) est attesté dès le XVII ème siècle par un édit datant du 17 mars 1632 qui mentionne un « flobar » utilisé par un propriétaire de moulin pour le transport de marchandises sur la Canche, sans autre précision... Son origine est obscure, certains voient dans ce mot une déformation du vieux saxon vlootbar, « apte à flotter » ou Audresselles802[1]« flotte dans peu d'eau » …

 

 

 

 

 

 

 

Le Nathalie-Cédric à Audresselles

Mise en œuvre du flobart :                                                   

 equihen15

 

Les pêcheurs de Berck à Wissant utilisaient des bateaux similaires mais de tailles variables ( de 3 à 14 mètres) il y avait 3 types de flobart : les creux (de 3 à 7 mètres), les demis pontés (de 6,50 à 8 mètres) et les pontées (de 8 à 14 mètres) mais ils ont été remplacés par des unités motorisées de 3,25 à 4,90 mètres. 

 

 

Le Saint Pierre, Flobart ponté d'Equihen vers 1900

 

Histoire :                                                                                       

 DSC04509

 

 

Jusqu'au XVIII ème siècle, les flobarts était propulsés à l'aviron et aidés d'une voile au vent portant (vent arrière).

 

 

 

Gravure de 1850

 

Au milieu du XVIII ème, un voyageur revenant des Etats-Unis apporte avec lui le principe de la dérive coulissante (elle coulisse dans un puits percé au milieu de la quille), à partir de cette époque les flobarts ont adopté le gréement boucet-malet (foc, grand voile et voile arrière) et ont pu remonter le vent.

 DSC04516-001

  Flobart de berck

 P3050112

 

 A partir de 1940, la motorisationcommence à apparaître mais cela représente un certain coût et les moteurs ne sont pas très fiables … La voile est définitivement abandonnée en 1950 avec le Pierre Marie de Jean Boucher d'Audresselles.

 

 

 

 

Le Saint-Jean-Baptiste en 1950 à Audresselles

 

 P3170073

 

En1976, Jean Bonnieres d'Audresselles demande au chantier Blamengin de Boulogne de lui construire un flobart en polyester, le chantier fait 4 moules sur des flobarts en bois de 3,25 mètres, 3,80 mètres, 4,25 mètres (le Neptune) et 4,90 (Ludovic Pascale). Parallèlement le chantier Gavel de Wissant fait 2 moules, un 3,20 m et un 4,70m  (Le Loup des Mers).

 

 

 

 Lwispeche24[1]e Flibustier d'Audresselles

 

 

 

Le plan Mellick, mis en place en 1991 par les autorités communautaires de Bruxelles à entraîner le désarmement de plusieurs flobarts qui seront remplacés par des Doris.

 

 

Doris aluminium le Cormoran à Wissant 

 

 

 

11[1]

 

 

Il ne reste aujourd’hui qu'un seul flobart utilisé pour la pêche professionnelle : l'Entre Deux Caps de Patrick Malfoy de Wissant. Des plaisanciers les utilisent pour la pêche côtière.

 

 

 

L'Entre Deux Caps de Wissant

 

 

Le principe constructif :

246324-revivez-la-belle-ave-4aaf81ff

 

 

Le flobart est construit à clins ( les planches qui se chevauchent) en Orme cintré sur des gabarits fixés entre eux par des rivets en cuivre. Une fois la coque finie, on retire les gabarits puis on met les membrures ployés (lattes verticales) pour renforcer la coque puis on  fait   l'aménagement intérieur . Cet aménagement est généralement constitué d'un rouf à l'avant, pour les voiliers 2 bancs qui entourent le puits de dérive, le banc de pompe et le banc de barre.

Ex-chantier Leprêtre à Etaples

 

Les caractéristiques :marianne2[1]

Les flobarts sont construits à clins et à tableau arrière et possèdent des fond très plats, un tirant d'eau très faible (environ 30 cm), une largeur importante placée généralement au tiers avant, le rapport longueur/largeur pouvant être égal à 2 ( longueur/2 = largeur puis la largeur/2 = le creux). Ils utilisent le gréement bourcet-malet à l'époque de la voile, cas unique en Europe Occidentale, ils disposent d'une dérive coulissant dans un puits.

 

 

 

La pêche :

le-portel-l-amorcage-des-lignes-femmes-et-enfants[1]

 

 

Le "métier de cordes" est le métier traditionnel : les lignes de fond permettent de capturer sole, carrelet, morue, selon les saisons. Pour pêcher ces mêmes espèces, les cordes ont été généralement remplacées par les trémails (filets à trois nappes) ou filets maillants, qui prennent aussi du hareng en saison (novembre-décembre).

 

Préparation des cordes à Le Portel

 

 

Patrimoine : phw-2005-82-320-p[1]

-En 1967 François Beaudouin commande une réplique de flobart demis ponté berckois de 6 mètres pour le musée des Arts et Traditions Populaire de Paris : Marianne-Tout-Seule

 

 

 

 

 

 

 

-En 1992 Pierre Lamarche crée le Paulo, la réplique le l'Arche (construit en 1951, mesure 3,63 mètres) et la réplique d'un cordier Berckois creux de 5,70 mètres : La Marianne-Tout-Seule 

P3050102       la-marianne-berck                                                         

 Le Paulo                                                                       La Marianne-Tout-Seule

 

-En 1999 s'est créée l'association Les Flobarts Des 2 Caps (www.flobart.org) qui achète ou reçoit des flobarts et  les restaure à l' ex-chantier Leprêtre à Etaples sur mer. Elles compte environ une vingtaine de bateaux dont 2 répliques : l'Opale (construit en 2004) réplique d'un flobart de 4,20 mètres des années 1960 et le Notre-Dame de la Mer (construit en 2008) réplique d'un flobart de 5,20 mètres des années 1990 .

jmb3

P7300035

Le Notre-Dame de la Mer                                                         L'Opale

 

 st michel

-En 2013 débute la construction du Saint-Michel (6 mètres) aux chantiers navals d'Etaples sur mer. La mise à l'eau est prévue pour 2014...

 

 

 

 

 

 

 DSC_0037

-En 2013 débute la construction de Calypso (flobartcalypso.canalblog.com) , réplique d'un flobart de 4 mètres à voile, motorisé, des années 1930. Il est en construction à Ambleteuse