Les Flobarts polyester

Blamengin & Gavel

 

 

Les 1ères générations de flobart polyester

Dans les années 1970, les flobarts étaient encore construits en bois, la contrainte de l'échouage dans les rouleaux et le talonnage répétitifs abîment fortement ces bateaux en bois dont la durée de vie n'excède pas 10 ans. Les pêcheurs, ne voulant pas détruire leur bateau, eurent l'idée de les « plastifier », c'est-à-dire de les enduire d'une couche de résine polyester à l'extérieur tout en gardant le bois de la coque. La première génération de flobart en « polyester » est née.

 

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Nicolas II ex Sainte Céline

Construit par Libert en 1974 pour Gaston Malfoy d'Ambleteuse.

Il mesure 4,48 m par 2,20 m, cette construction a coûté 5 400 F.

Il sera vendu à Varlet Gérard de Boulogne en 1980.

 

Cette idée a rallongé la durée de vie de ces bateaux d'une dizaine d'années mais l'eau qui stagne dans les fonds s'infiltre entre les anciens bordés et la résine finissant par faire pourrir le bois et affaiblir la coque. A ce moment-là, les Wissantais eurent l'idée de retirer en grande partie les bordés, membrures ployées et de ne garder que l'étrave, la quille, l'étambot et le tableau arrière (s'il n'était pas trop endommagé) puis de repasser plusieurs couches de résine à l'intérieur jusqu'à avoir une coque bien rigide (certain rigidifiait transversalement leur bateau avec des membrures en bois ou en plastique résiné par au-dessus). Cette méthode a donné vie à une seconde génération de flobart en « polyester » .

 

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Le Vierge Marie

Construit par le chantier Libert en 1968 pour Serge Roisse

et Eric Bailly d'Audinghen, il mesure 4,40 m par 2,25 m .

 

Jusqu'alors, les 3 chantiers qui fournissaient ces bateaux (Libert, Rogée, Lefervre) ne construisaient qu'en bois, à l'exception de Libert qui, pour une commande particulière, fabrique un flobart en polyester. « c'est infecte ! » dit-il. « Pour ce type de construction, il faut un local approprié ainsi qu'une bonne ventilation ! ». Ce bateau sera le seul construit ainsi dans son atelier …

 

 

Le Chantier Blamengin

C'est en 1976, avec le chantier Blamengin, que débute la construction polyester. Ce chantier créé dans les années 1920, est installé au petit port de Boulogne sur Mer. Il construisai des petits bate

aux en bois pour le compte des marins pêcheurs boulonnais et de quelques plaisanciers (ce chantier à fait 5 flobarts en bois, ils n'ont pas eu autant de succès que ceux de Libert). Avec l'apparition de la résine polyester, il fut le premier chantier à proposer un bateau de pêche en polyester (le Stapula, un Boulogne-Etaples basé à Etaples, d'une dizaine de mètre, navigant encore de nos jours). 

 

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Jean Bonnières, d'Audresselles, demande au chantier Blamengin de Boulogne de lui construire un flobart en polyester. Pour cela il faut récupérer une coque en bois, la décaper et mastiquer les endroits pouvant avoir des défauts puis de faire 2 demis moules. Ses 2 parties sont assemblées par des boulons,l'intérieur du moule étant préalablement ciré. On dépose un gel coat qui donnera la couleur extérieure du bateau. Viens ensuite une alternance de tissus de verre, le roving qui est un tissu de fibres entremêlées et du mât qui est un tissu de verre pour obtenir une épaisseur d'environ 5 à 6 mm. Ces deux tissus posés en alternance créent la structure et la rigidité de la coque du futur bateau.

Une attention particulière est à apporter à l'ébullage qui déterminera la finition du bateau mais aussi évitera l'Osmose qui est une « maladie » des coques polyester. Elle est due à un mauvais ébullage, avec le temps, l'eau salée s'infiltre dans les micro bulles d'air restées emprisonnées dans la coque et une réaction chimique se crée entre l'oxygène et le sel, cela crée un gaz qui forme de minuscules cloques sur la carène.
Lorsqu’on perce ces cloques, il se dégage une odeur de vinaigre caractéristique de l'acide acétique.

Il reste à mettre le renfort de quille, les supports moteurs réalisés en CP marine stratifié et après quelques jours de polymérisation, la coque peut être démoulée.

 

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Blamengin a fait 4 moules sur des flobarts en bois de 3,25 mètres, 3,80 mètres, 4,25 mètres (fait sur le Neptune) et 4,90 (fait sur le Ludovic Pascale). Le premier flobart en polyester créée fut le Cormoran, un 4,90m construit pour Lambin et Villetaz d'Audinghen. Il est équipé d'un moteur Farryman 20 CV. Puis il est vendu en 1983 à Patrice Ovion de Wissant.



Le Chantier Gavel

Parallèlement au chantier Blamengin, le chantier Gavel voit le jour à Wissant en 1980. il construira lui aussi des flobarts en polyester. Le procédé est le même mais les moules sont différents, Gavel fera 2 moules de 3,20 m et 4,70m (fait sur le Le Loup des Mers), le premier étant le Calicoba.

 

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Calicoba ex Bel Espoir 

 

 

Construit par le chantier Gavel pour Gérard Ternisien

d'Audresselles, il est équipé d'un moteur Yanmar 24 CV,

il sera vendu à Jacques Fagnot en 1987.

 

 

Conclusion

La construction polyester a pu sauvegarder les formes des flobarts en bois, elle a cependant profondément meurtri Libert, la plupart des moules ont été faits sur ses propres bateaux. De plus, cette méthode n'est pas plus onéreuse et demande beaucoup moins d'entretien que les bateaux en bois, Blamengin calait ses prix sur ceux de Libert. Ils sont plus fonctionnels dû à l'absence du banc de pompe qui est un élément structurel dans les bateaux en bois mais reste, selon les pêcheurs, moins marins et mouillant beaucoup plus ... Cela a entraîné la fermeture du dernier chantier de flobart en bois en 1989.

Pour faire la différence entres le Gavel et le Blamengin, le Gavel est beaucoup plus ventru et ne possède pas les quilles d'échouage, et à l'arrière son tableau est beaucoup moins large et plus haut.





Quant à la fonctionnalité, selon que vous serez en présence d'un propriétaire de l'un des deux, il vous dira que le sien est meilleur ! Quand bien même, cela reste des bateaux très bien adaptés à leur milieu !



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L'Entre Deux Caps à Patrick Malfoy de Wissant

denier flobart en pêche professionnelle